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La "Westfalenhalle" comme Stalag

En 1933, les Nazis s'emparèrent de la "Westfalenhalle" pour leur propre compte.

Après les campagnes contre la Pologne et la France, la "Wehrmacht" réquisionna le bâtiment pour en faire un centre de prisonniers, un "Stalag". Il s'agissait, en effet d'amener la main d'oeuvre au plus près du bassin industriel de la Ruhr.
Seule la grande Halle fut d'abord occupée par les prisonniers, puis le nombre de ceux-ci augmentant, on construisit tout autour sur la "Volkswiese", en face du stade "Rote Erde" des baraques en bois pour les loger.

Témoignage de Roger Cottyn, soldat belge arrivant en captivité à Dortmund.(Extrait)

"Nous arrivâmes le 13 juin à Dortmund et fûmes logés dans la grande Halle. Nous avions remarqué que nous étions en Allemagne. Quelques personnes nous injuriaient, mais les gardes s'occupaient de rétablir l'ordre. La "Westfalenhalle" était connu dans mon pays à cause du cyclisme. Nous reçûmes notre nourriture venant de la "cuisine polonaise": une bouillie faite de pommes de terre non épluchées, d'herbe, de sable et d'eau. Il y avait du sable, car les pommes de terre étaient directement versées des sacs dans les chaudrons. Il y avait de l'herbe, tondue le matin par quelques soldats belges et apportée aux cuisines. Après avoir jeûné deux jours, il me fallut manger cette bouillie. Nous fûmes d'abord logés dans le vélodrome, et quelques jours plus tard sous des tentes. Les installations sanitaires étaient très frustres: un large fossé avec une poutre dessus. Les hommes se tenaient assis dessus comme des poules sur une perche. Un jour, nous fûmes fouillés pour la première fois. Tous nos objets d'équipement en cuir nous furent enlevés. Nous ne pûmes conserver qu'une paire de chaussures. Nous ressemblions à des oies plumées avec nos culottes de cheval sans guêtres. Durant une alerte, quelques bombes tombèrent à proximité. Le 19 juin, nous avons quitté la "Westfalenhalle" et avons marché en direction de la gare marchandises. En chemin, nous fûmes encore injuriés par quelques personnes. J'entends encore, une personne du personnel d'accompagnement annoncer à l'officier " 800 pièces comptées". Nous fûmes à nouveau entassés dans des wagons à bestiaux, où nous ne pouvions que nous tenir debout. Rien à manger, rien à boire. Pas de lumière et très peu d'air."