Le stalag VI D

Court historique


 Il est difficile d'écrire l’histoire du Stalag VI D en raison des actes de destruction spécifiques des archives et des bombardements. Ainsi les archives municipales de Dortmund fournissent peu d'éléments. De même les archives du ministère de la construction ne présentent qu’une vision partielle de la période correspondant à la deuxième guerre mondiale. Les archives de la Westfalenhalle ont été en grande partie détruites par des faits de guerre. Mon étude sur le Stalag VI D dépend largement de l’aide du fonds Splitter composé de documents privés et de documentations sur le site.

 Au début de la deuxième guerre mondiale en septembre 1939 il était initialement prévu de stocker des céréales dans ce Parc des expositions. Ce plan fut abandonné car à Dortmund et un peu plus tard à Hemer, furent repérés des lieux que le haut commandement de la Wehrmacht recherchait dans tout le Reich pour héberger les prisonniers de guerre. Le Parc des expositions de Westphalie remplissait toutes les conditions sur le plan des structures et sur le plan sanitaire.

 Durant les deux premières années de la guerre, le décompte oscilla entre 3 000 et 5 000 prisonniers de guerre. Au début le camp se tenait à dans la partie ovale à l’intérieur du Parc des Expositions, alimenté en électricité. Les prisonniers dormaient dans des lits superposés à trois places. Il y avait une cuisine, un réfectoire et une infirmerie. Sur les terrains jouxtant le parc public se trouvaient 15 tentes, une baraque pour les contagieux, des ateliers de cordonniers et de tailleurs et les latrines.

 En juillet 1941 peu après le début de la campagne contre l’union Soviétique, il fut entrepris la construction d’un camp formé de baraques sur le parc public adjacent. Aujourd’hui sont implantés à cet endroit les halles d’exposition II à VIII, le palais de la foire, le gymnase et le manège équestre. Depuis la fin septembre 1941 il n’y avait plus de prisonniers de guerre dans le centre des expositions de Westphalie car le Stalag VI D avait été totalement installé dans le parc public. Il s’étendait sur une surface d’environ 17 hectares, ce qui équivaut aux dimensions de trente terrains de football et était entouré d’une double clôture de fils barbelés. Les baraques étaient constamment occupées par 10 000 prisonniers de guerre environ. Le camp était divisé en trois zones, chacune entourée de fils barbelés. Dans le camp A se trouvaient les prisonniers de guerre français, dans le camp B les serbes et dans le camp C les soviétiques.

 En septembre 1942 le camp comprenait 20 baraques en pierre pour les prisonniers de guerre dont une baraque pour l’équipe de surveillance, quelques-unes pour les prisonniers de passage, une baraque pour la cuisine et une baraque pour la décontamination, autrefois les latrines, une baraque pour les malades et une pour les personnes à l’isolement.

 A la fin septembre 1942 il fut décidé de remettre le centre des expositions à la disposition de l’administration de la VIème Région Militaire jusqu’à la fin de l’année. Après de grands travaux de rénovation le centre d’exposition de Westphalie fut remis à la Wehrmacht le 1er janvier 1943, pour commencer à être opérationnel le 31 janvier. Deux raisons possibles ont pu être déterminantes dans la décision d’implantation du camp de prisonniers de guerre dans le centre d’exposition de Westphalie. Soit les coûts ont été trop élevés pour l’administration de la Wehrmacht, soit le Parti National Socialiste des travailleurs Allemands jugeait nécessaire sa réouverture pour des motifs politiques et de propagande.

 Le centre des expositions de Westphalie et le camp de baraques adjacent furent complètement détruits à la suite de raids de bombardement des Alliés dans la nuit du 22 au 23 mai 1944. Puis de grandes tentes de 400 à 500 prisonniers furent installées, dans lesquelles ils ont été répartis par nationalités. A partir de ce moment les conditions de vie devinrent catastrophiques : la nourriture était misérable et consistait principalement de pommes de terre, les vêtements étaient en loques, il n’y avait plus de latrines, l’hôpital était surpeuplé et se délabrait. Comme mesures de protection contre les éclats et l’effet de souffle des bombardements les prisonniers de guerre avaient creusé des tranchées et des trous, qui étaient recouverts de quelques planches et d’un peu de terre.

 Les raids de bombardement alliés en octobre 1944 et en janvier et février 1945 atteignirent de nouveau le camp de prisonniers de guerre. Ces raids offraient aux prisonniers de guerre l’opportunité d’une évasion, malgré le danger de mort. Beaucoup cependant furent abattus par les soldats allemands. Une femme témoin oculaire a rapporté avoir dû passer par-dessus des cadavres de prisonniers de guerre sur le chemin pour aller à son travail au barrage de Westphalie.

Sources : extraits de la Conférence du 23/02/2007 de Madame Régina MENTNER à la réunion annuelle de l'Association pour Zeitgeschichte Hemeraner. Avec l'aimable autorisation de Madame Régina MENTNER. Tous droits réservés. Reproduction interdite.








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