Le stalag VI A

Court historique


 Après le début de la campagne de Pologne, les estimations du commandement de la Wehrmacht en septembre 1939 sur le nombre prévisionnel de prisonniers de guerre étaient déjà beaucoup trop faibles. En toute hâte, de nouvelles possibilités d'hébergement durent être trouvées dans des lieux et des zones militaires, non prévus jusque-là.

 Des casernes ou des camps d'entraînement étaient déjà sous l'autorité militaire. La caserne de Cavalerie (Chars), en construction, à Hemer, fut forcément opportune pour les plans du commandement de la zone militaire. A la vérité, l'édifice n'était pas assez isolé, comme le souhaitait la direction de la Wehrmacht, pour un camp de prisonniers, mais on dut s'en accomoder. Les prisonniers furent même répartis dans des lieux inappropriés étant donné que les camps disponibles n'étaient pas encore terminés. Ils durent y vivre jusqu'en hiver dans des abris de misère entourés de clôtures.

 En septembre 1939, après un accord entre l'office du travail du Land, à Dortmund et le commandement de la région militaire de Münster, il fut décidé d'installer à Hemer le 1er camp de prisonniers de la zone, sous l'appellation Stalag VI A. La caserne du Jüberg prévue comme camp de troupes venait d'être pratiquement achevée mais n'était pas encore totalement utilisable lorsqu'en septembre/octobre les premiers prisonniers polonais y arrivèrent.

 Ainsi on fut contraint de trouver une solution transitoire : de grandes tentes venant du rassemblement du parti national socialiste à Nuremberg furent apportées et installées sur un terrain de sport, rue Ostenschlah, tout près des bâtiments de la caserne. On sécurisa l'ensemble du terrain avec une clôture en fil de fer barbelé. L'achèvement des bâtiments de la caserne s'exécuta en un temps record. Dans le même temps, des baraques en bois furent édifiés pour pouvoir répondre à une occupation prévisionnelle de 10 000 prisonniers. Des clôtures en fil barbelé furent installées et six miradors en bois furent construits.

 Les sentinelles des miradors étaient équipées de mitrailleuses, téléphone et deux projecteurs pour effectuer une surveillance supplémentaire parfaite tout le long de la clôture, depuis leur poste de guet. La clôture du camp, qui l'entourait totalement se composait de poteaux en bois de 3m à 3,50 m de hauteur et d'une double rangée de fil barbelé distante de 2m. Entre ces deux rangées, il y avait encore du fil barbelé à terre. Vers la partie intérieure du camp, la clôture mesurait 1,50m de haut.

 Peu avant l'arrivée de l'hiver, en octobre/novembre 39 les prisonniers durent quitter le camp de toile précaire pour emménager dans les bâtiments de la caserne bien que ceux-ci ne fussent pas encore achevés à l'intérieur. Les hommes durent tout d'abord dormir sur le sol brut bétonné, jusqu'à ce que les pièces fussent enfin équipées de couchettes en bois à 2 ou 3 étages. Au cours de la guerre on n'apporta pas d'amélioration à cette installation face à la surpopulation permanente et le manque croissant de matériaux.

 La police civile affectée à la surveillance du camp, qui à l'origine était stationnée dans la rue du Parc, fut déplacée dans la rue Ostenschlah dans le camp de baraquements destiné aux ouvriers du bâtiment rénovant la caserne en 1937.

 Des convois permanents de prisonniers arrivèrent en masse à Hemer, rapidement surpeuplé. Des conditions sanitaires insuffisantes et la propagation galopante de vermines firent exploser des maladies comme la dysenterie.

 Chaque prisonnier fut inscrit dans un fichier contenant toutes ses données personnelles, chacun reçut une plaque avec la désignation de son camp (VI A) associé à un numéro matricule chronologique qu'il devait toujours garder sur lui. Les prisonniers polonais, ainsi que plus tard les prisonniers de l'Europe de l'Ouest furent d'abord placés dans des activités rurales et forestières, plus tard en fonction du manque de travailleurs, dans toutes les branches de l'économie.


 Description générale du Stalag VI A


 Dans le Reich allemand les Stalags se composaient en majorité de camps de baraquements qui avaient été installés hors des zones d'habitation. La décision de transformer en stalag VI A les bâtiments en construction de la caserne de Hemer, située presque en centre-ville, ne fut pas facile à prendre, puisque ce grand complexe devait être destiné à loger des ennemis.

 Avec la guerre contre la France, la Belgique et les Pays Bas, le camp fut soumis à un grand changement puisque les prisonniers français y arrivèrent en grand nombre. Après l'arrivée des prisonniers soviétiques et du Sud Est (Serbes) de nombreux bâtiments durent être érigés alentour. 36 baraquements en bois furent installés dans l'intervalle, l'avant camp et celui des tuberculeux furent étendus. L'ensemble du camp se composait de "sous-parties" plus petites et fermées pour les différentes activités, entourées de fil barbelé et équipées de postes de surveillance

Extraits de : Histoire des Prisonniers de Guerre 1939 - 1945 Stalag VI A HEMER. Traduction : Jean-Claude LECUYER.











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