L'administration de l'Armée Allemande concernant les Prisonniers de guerre



 Tous les prisonniers de guerre dépendaient de la Wehrmacht.

L'instance dirigeante des prisonniers de guerre, à l'intérieur du Haut Commandement de la "Wehrmacht" (OKW) était la "Allgemeine Wehrmachtsamt"(AWA= Service Général de l'Armée)ayant à sa tête le Général Hermann Reinecke(mort en 1973).

A l'intérieur de l'AWA existait le département des Prisonniers de guerre.(OKW/AWA/Kgf)sous la direction du Lieutenant-Colonel Breyer.(mort en 1945).


Général Reinecke

 D'autres services à l'intérieur de l'armée s'occupaient également des Prisonniers:
1) Le département "Wehrmachtsführungsstab/Abt Landesverteidigung (WFsT/L)"Défense du pays" donnait son avis concernant le traitement des prisonniers

2) Le département "Amt Ausland Abwehr(AAA)" Etranger/Défense était responsable des questions de droit international et de la surveillance du courrier

3) Le département "Wehrwirtschafts- und Rüstungsamt (WiRüAmt)" s'occupait du travail des Prisonniers

4) Le département "Wehrmachtauskunftstelle (WASt)" s'occupait du recensement et des décès des prisonniers.

5) A l'échelon local, c'était le commandement du Wehrkreis resté en Allemagne qui s'occupait des prisonniers.

6) A l'échelon subalterne se trouvaient les commandants de prisonniers(Kdre Kgf), subordonnés donc au Général du "Wehrkreis". Seule la nomination du commandant du camp dépendait de l'OKW . Les officiers étaient désignés parmi ceux, qui pour des causes diverses, étaient incapables de servir au front. Ils étaient formés durant plusieurs semaines au Stalag II D (Stagard/Poméranie)

Les directives concernant les Prisonniers de guerre



 Au début de l'année 1939 parurent deux directives fondamentales de l'OKW concernant les prisonniers de guerre : la "H.Dv.38/5" et la "H.Dv.38/12",qui définissaient la construction et le travail d'un camp de prisonniers.

1) Un camp devait être établi dans un lieu à l'écart, cependant correctement desservi, avec électricité et évacuation des eaux usées. Ce lieu devait être délimité, de surveillance facile, protégé, et établi sur des parcelles de faible valeur agricole.

2) Il devait être constitué de plusieurs parties : à l'entrée se trouvait le poste de garde, et les baraques abritant les bureaux. Le véritable camp commençait avec l'avant-camp où se trouvaient les baraques affectées aux fonctions suivantes: réception des prisonniers, carburant, infirmerie, artisans, désinfection.

3) A cela s'ajoutait le camp principal pour 10 000 prisonniers, répartis en 10 groupes avec chacun 4 abris pour 250 hommes et disposant de WC, chaque groupe étant séparé du groupe voisin par du fil de fer barbelé.

4) Au milieu devaient se tenir 2 baraques pour la cuisine et 1 baraque de vente de divers produits.

5) La construction des baraques était fixée dans les moindres détails. Pour chaque prisonnier les plans prévoyaient 2,5 m2 et pour le personnel de garde 3 m2. Une double rangée de fils de fer barbelé entourait tout le camp.

 La construction d'un stalag obéissait également à un planing précis : 20 jours après le début des travaux, les baraques pour la garde et le commandement devaient être au même stade d'avancement que les baraques pour prisonniers. 90 jours après le commencement, les installations d'eau, d'évacuation d'eau, d'électricité et les routes devaient être achevées et après 120 jours toutes les baraques.

Quand toutes les baraques ne pouvaient être achevées, on prévoyait des tentes pour héberger les prisonniers. Les baraques devaient être achevées sous la supervision de personnel qualifié par les prisonniers eux-mêmes. La directive prévoyait également le déroulement de la journée au stalag.

 L'organisation comportait 6 échelons : Le Commandement, le travail, la défense, la surveillance postale, l'administration, le transport.
Il était prévu par une directive de 1938 un personnel de 98 soldats (14 officiers, 23 sous-officiers, 61 hommes de troupe,) 33 personnels civils ou militaires pour 10000 prisonniers.

 En fait, l'organisation ne se distinguait pas fondamentalement de celle de la 1ère guerre. Elle s'appuyait en effet sur la Convention de Genève de 1929, qui n'était elle-même que le prolongement de la Convention des lois et coutumes de la guerre sur terre signée à La Haye en 1907.

 En revanche, elle s'en distingua profondément pour les "Russenlager", camps pour Russes, établis à partir de 1941. Ceux-ci, d'ailleurs, ne suivaient pas la nomenclature des camps en chiffres romains, mais reçurent des numéros arabes (série des 300, par exemple Senne dans le "Wehrkreis VI")

Suite : le Stalag VI A

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